- Février 2007

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Les prisonniers de Jakarta
rédigé le 15 Février 2007
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Sur la route qui mène de l’aéroport au centre de Jakarta, les ponts autoroutiers se croisent à plus de 100 mètres de hauteur. Ville aux allures de mégalopole moderne, Jakarta possède un des trafics les plus denses au monde. L’urbanisation anarchique, amène de nombreuses personnes à s’installer dans des bidonvilles à la périphérie de la capitale.
Sous ces ponts, près du quartier de Grogol, une véritable cité a pris racine, plus de 30000 personnes vivent ici, pas vraiment de porte d’entrée, ni de sortie, on y rentre comme on peut en escaladant les barrières qui longent l’autoroute, ou alors on cherche son chemin dans les gigantesques souterrains. Certains sont là depuis plus de 5 ans, pour la plupart ils viennent d’ailleurs, de Java de Sumatra, et ont fuit la misère en espérant récupérer l’or de la capitale. Aucune intervention du gouvernement n’existe dans ce genre d’endroit, pas de police, l’organisation se fait autour de chefs de quartiers et de gangs, qui tente d’établir un ordre second derrrière la loi de la rue et de la débrouille et de subvenir au besoin de première nécessité tel que l’électricité. Une organisation locale tente d’assurer la sécurité des habitants, pour 3000 roupies par mois.
La principale source de revenus des habitants est le tri des ordures, car très peu d’entre eux possède un véritable travail. Des camions remplie d’ordures vont et viennent sans cesse déchargant leurs cargaisons dans des enclos, ou au millieu des habitations. Tout est très bien organisé, certains s’occupent du métal et de l'aluminium qu’ils décortiquent pièce par pièce, d’autres trient papier, carton et plastique…
Malheureusement très peu d’enfants ont accès à une véritable éducation, une école de la maternelle à la primaire enseigne les bases, mais il n’y a pas assez de places pour tous les enfants de la cité. Pour les plus chanceux d’entre eux, ils doivent payer 10000 roupies (environ 1 euro) par jour pour pouvoir prendre le bus qui les amènent à l’école la plus proche, située à 10 kilomètres d’ici. La religion est cependant très présente dans la vie quotidienne, 80% des indonésiens sont musulmans, la vie quotidienne est donc ponctuée des nombreuses prières, et enseignement religieux pour tous. Des centaines de petites mosquées permettent aux jeunes de trouver un lieu de discipline et de respect.
Jakarta étant construit sur des marécages, la capitale connaît de nombreuses inondations annuelles, les zones les plus touchées se situent à la périphérie de la ville dans des quartiers comme celui-ci, l’année 2007 a connu la plus grosse inondation depuis plus de 5 ans. Cette année 2 m. d’eau ont envahi les ruelles du quartier, amenant tous les déchets à flotter dans les maisons. L’eau stagnante provoque une prolifération importante des moustiques, transportant dengue et malaria. Le nettoyage de la cité prend du temps, aucune aide gouvernementale n’arrive jusqu’ici, les maladies progressent, la lèpre, le thypus font encore des ravages. L’accès au soin coute très cher, et dans la plupart des cas nécessite d’avoir des millions de roupies, pour payer médicaments, hopitaux et docteurs. Habitué à ce genre de situation on me répond avec ironie, « Grâce aux inondations on n’a plus besoin d’aller au marché, il suffit de tendre la main, pour récupérer le poisson ».
A partir de 19h plus d’électricité, les télévisions et les radios s’éteignent, place au discours, ceux où l’on refait le monde, là où l’on parle des problèmes, et où l’on rêve à des solutions concrètes. Car à partir de Juillet 2007, date-butoir, le gouvernement va détruire la cité sans apporter de solutions de secours pour les gens qui habitent ici. Certains ont déjà fait leurs bagages, pour tenter de rejoindre un autre bidonville. Cette date est synonyme de la fin d’une période, une période où la vie s’est faite et va se défaire.
Sous ces ponts, près du quartier de Grogol, une véritable cité a pris racine, plus de 30000 personnes vivent ici, pas vraiment de porte d’entrée, ni de sortie, on y rentre comme on peut en escaladant les barrières qui longent l’autoroute, ou alors on cherche son chemin dans les gigantesques souterrains. Certains sont là depuis plus de 5 ans, pour la plupart ils viennent d’ailleurs, de Java de Sumatra, et ont fuit la misère en espérant récupérer l’or de la capitale. Aucune intervention du gouvernement n’existe dans ce genre d’endroit, pas de police, l’organisation se fait autour de chefs de quartiers et de gangs, qui tente d’établir un ordre second derrrière la loi de la rue et de la débrouille et de subvenir au besoin de première nécessité tel que l’électricité. Une organisation locale tente d’assurer la sécurité des habitants, pour 3000 roupies par mois.
La principale source de revenus des habitants est le tri des ordures, car très peu d’entre eux possède un véritable travail. Des camions remplie d’ordures vont et viennent sans cesse déchargant leurs cargaisons dans des enclos, ou au millieu des habitations. Tout est très bien organisé, certains s’occupent du métal et de l'aluminium qu’ils décortiquent pièce par pièce, d’autres trient papier, carton et plastique…
Malheureusement très peu d’enfants ont accès à une véritable éducation, une école de la maternelle à la primaire enseigne les bases, mais il n’y a pas assez de places pour tous les enfants de la cité. Pour les plus chanceux d’entre eux, ils doivent payer 10000 roupies (environ 1 euro) par jour pour pouvoir prendre le bus qui les amènent à l’école la plus proche, située à 10 kilomètres d’ici. La religion est cependant très présente dans la vie quotidienne, 80% des indonésiens sont musulmans, la vie quotidienne est donc ponctuée des nombreuses prières, et enseignement religieux pour tous. Des centaines de petites mosquées permettent aux jeunes de trouver un lieu de discipline et de respect.
Jakarta étant construit sur des marécages, la capitale connaît de nombreuses inondations annuelles, les zones les plus touchées se situent à la périphérie de la ville dans des quartiers comme celui-ci, l’année 2007 a connu la plus grosse inondation depuis plus de 5 ans. Cette année 2 m. d’eau ont envahi les ruelles du quartier, amenant tous les déchets à flotter dans les maisons. L’eau stagnante provoque une prolifération importante des moustiques, transportant dengue et malaria. Le nettoyage de la cité prend du temps, aucune aide gouvernementale n’arrive jusqu’ici, les maladies progressent, la lèpre, le thypus font encore des ravages. L’accès au soin coute très cher, et dans la plupart des cas nécessite d’avoir des millions de roupies, pour payer médicaments, hopitaux et docteurs. Habitué à ce genre de situation on me répond avec ironie, « Grâce aux inondations on n’a plus besoin d’aller au marché, il suffit de tendre la main, pour récupérer le poisson ».
A partir de 19h plus d’électricité, les télévisions et les radios s’éteignent, place au discours, ceux où l’on refait le monde, là où l’on parle des problèmes, et où l’on rêve à des solutions concrètes. Car à partir de Juillet 2007, date-butoir, le gouvernement va détruire la cité sans apporter de solutions de secours pour les gens qui habitent ici. Certains ont déjà fait leurs bagages, pour tenter de rejoindre un autre bidonville. Cette date est synonyme de la fin d’une période, une période où la vie s’est faite et va se défaire.


















